
Les princesses du chant arabe ? S’il faut donner seulement trois noms, ce ne peut être que ceux d’Oum Kalthoum, de Fairuz et d’Asmahan.
Princesses, reines, impératrices, peu importe. Elles trônent au sommet
de toutes les hiérarchies : la gloire, la puissance, la légende, la
splendeur…
Dorsaf Hamdani les chante toutes les trois. La
sophistication et la virtuosité d’Oum Kalthoum, les aigus et les goûts
révolutionnaires de Fairuz, la profondeur sentimentale et le tropisme
dramatique d’Asmahan…
Depuis qu’elle a découvert la musique, Dorsaf a toujours tendu les
oreilles vers l’Est. Elle a donc poli peu à peu sa voix, dans le malouf
comme dans les genres semi-classiques nés au Machrek au XXe siècle. Mais
elle refuse les grands orchestres à cordes de cinéma ou les
synthétiseurs de la modernité arabe. Elle préfère la petite formation
d’un cabaret ou d’une salle de concert résolument intemporelle : Qanoun,
violon, ney, tar, derbouka . « Plus que leur perfection technique,
j’essaie de comprendre ce qui les a installées dans la mémoire des
peuples arabes. »