
Houria Aichi chante les grandes voix féminines d’Algérie !
Ce projet est né en partie, de l’admiration profonde que j’ai pour certaines grandes voix féminines algériennes.
Meriem Fekkaï en est la figure de proue.
Tout au long de mon travail, je fus émue par le courage et la détermination de ces femmes qui ont mené une vraie carrière de chanteuses, dans un environnement à la fois hostile et admiratif.
Beaucoup d’entre elles ont du quitter ou rompre, contre leur gré, avec leur famille. Le cas le plus emblématique est celui de Zoulikha qui n’a semble-t-il jamais pu revoir, jusqu’à sa disparition, un seul membre de sa famille. Elles ont pour certaines eu dans le milieu de la musique besoin de protection qu’elles ont trouvée en épousant leur mentor.
D’autres encore ont mené des vies misérables dans l’exil.Outre l’admiration que je leur porte, je dois dire que j’ai été sensible au fait que par leur persévérance dans le chant, elles aient fait« bouger les lignes ».
Très vite des noms se sont imposés à moi, car elles incarnent par leur charisme et leur popularité, le chant féminin algérien.
Les premières furent incontestablement Meriem Fekkaï, Fadéla Dziria, Remitti, Baggar Hadda, Chérifa, Saloua. La jeune génération est représentée par Fadéla d’Oran, Zoulikha, Djura, Aïcha Labgaa, Souad Massi.
Je n’oublie pas le vivier du chant anonyme auquel je rends hommage en interprétant un morceau de Sraoui. Le but de ce travail n’est pas de copier ces voix, mais de les traverser à partir de ma propre culture musicale, de mon imaginaire et de ma technique vocale chaouie si particulière.
J’ai confié l’arrangement de ce nouvel album à Mohamed Abdennour, joueur de mandole/guitare, enraciné dans la musique de sa terre de naissance Alger, mais ayant une fine connaissance de tous les genres musicaux algériens.Je serai accompagnée à la flûte Ney par Ali Bensadoun, au piano par Smaïl Benhouhou et aux percussions par Amar Chaoui.
Houria AÏCHI